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Personne ne nous reconnaît dans l'camion-benne Locsud

A fredonner sur l’air de "Je ne reconnais personne en Harley-Davidson"

Mercredi dernier, nous avons loué un petit camion-benne Mitsubishi pour transporter des matériaux à Saint Bô, et ce fut pour nous une sacrée aventure.

Le matin, nous avons récupéré le dit camion chez Locsud, habitué à nous louer d’ordinaire une pelleteuse. De loin, ce camion-benne semble plutôt petit... Mais finalement de près, ça paraît un peu plus grand... Et dedans, ça paraît encore vraiment plus grand. L’air de rien, c’est bien large, assez haut, et question conduite, c’est loin d’être aussi souple qu’une automobile, tant au niveau de la direction que du maniement du levier de vitesse.

Bref, d’office, j’ai annoncé à mon chéri que je lui laissais le privilège de piloter l’engin pour la journée ! Il a donc dû se faire la main à cette conduite "spéciale". Et nous avons pu admirer les paysages pourtant souvent arpentés d’un peu plus haut, et découvrir des détails jusqu’alors passés inaperçus.

Le premier voyage fut court, puisqu’il s’agissait de ramener du carrelage de Millau à St Bô, en essayant de limiter la casse. Lors de ce premier petit trajet, nous avons croisé des voisins (d’Azinières ou de St Bô) qui ne nous remarquèrent pas malgré nos signes. C’était marrant de constater que finalement il suffit de changer de véhicule pour voyager incognito chez nous ! Du coup, à chaque fois que nous croisions un petit camion-benne du même genre que le nôtre, Jérôme klaxonnait "le collègue", histoire de se reconnaître entre copains. C’est vrai, c’est frustrant de conduire pareil engin sans se faire remarquer.

Après avoir déchargé nos 2 palettes de carrelage, nous avons mangé sur le pouce puis avons repris la route direction Lodève, pour ramener du Fermacell (immenses plaques de plus de 3 m2, épaisses de 12,5 mm et pesant plus de 40 kg chacune - bref, que du bonheur à manipuler), des sacs de chaux, des plaques de liège et divers petits autres matériaux. Là-bas, pas de souci, le chargement se fait avec un Manitou... et plein de bonnes volontés pour nous prêter main forte pour arnacher tout ça et couvrir le tout avec une bâche. Reste plus qu’à remonter sur le flanc du Larzac chargé à bloc, traverser le Causse sous un vent de côté peu encourageant, et croiser les doigts pour passer entre les gouttes de pluie menaçant, car finalement la bâche est bien chahutée par les bourrasques.

On n’en mène pas large dans la montée, d’autant plus que comme par hasard ce jour-là la voie de droite pour véhicules lents était fermée. Après cette montée laborieuse, nous surveillions sans cesse la bâche, qui s’agitait bruyamment. La traversée du Larzac ne nous a jamais paru aussi longue, alors que nous devions impérativement rendre le camion à 18 h 30 au plus tard à Millau. En partant de Lodève à 16 h, le timing était serré, car arrivé à St Bô, le déchargement se faisait sans Manitou, 100 % manuel. Nous avons donc opté pour le passage du viaduc, afin de gagner notre bercail plus rapidement. C’est fou comme le péage de St Germain nous a paru près de St Bô, du coup !

Arrivés à St Bô, les hommes se sont chargés de décharger les 38 plaques de Fermacell, et la plupart des autres paquets. Après tout, je ne suis qu’une faible femme (quand ça m’arrange !). Les hommes de la famille ont cependant reçu un coup de main bienvenu de la part de l’équipe MOB. Il était déjà 18h quand on partait pour Millau ! Le retour fut toutefois plus rapide que prévu, car Jérôme avait enfin pris l’habitude du passage de vitesse délicat. On n’a jamais fait un plein de carburant aussi vite, puis nous avons rendu tout fiers le véhicule en bon état. Mission accomplie dans les temps in extremis.

Voilà, le baptême du camion-benne est passé discrètement, mais sûrement. Malheureusement, cette folle journée de course ne nous a pas permis d’immortaliser le chauffeur débutant au volant.


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